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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 23:00
  31 août 2012

 

 

Au moment où le nombre de chômeurs frôle les trois millions, où il devient inévitable que cette barre fatidique et symbolique soit franchie le mois prochain, alors qu’elle est l’héritage de la politique  économique menée par François Fillon, il fallait bien faire quelque chose. le ministre du Travail, Michel Sapin, a présenté les mercredi les «emplois d’avenir» pour les jeunes non qualifiés.

La session parlementaire vient d’être avancée. Alors que qu’en juillet, 10 000 jeunes supplémentaires se sont inscrits comme demandeurs d’emploi  le calendrier de la mise en place de ce nouveau dispositif a été accéléré, l’objectif est  de signer les premiers contrats avant même le 1er janvier.  

Avec cette mesure, qui, quoiqu’on en dise, ressemble aux emplois-jeunes de Lionel Jospin, avec le contexte budgétaire du moment, donc moins de moyens, le gouvernement s’attaque au «cœur du chômage des jeunes», les jeunes non qualifiés. Pour ceux-là, notamment les 120.000 jeunes sortant chaque année du système scolaire sans diplôme, le taux de chômage dépasse les 40%. 150 000 contrats d’avenir, c’est l’objectif fixé pour 2014, dont 100 000, dès 2013.

A la différence des «emplois-jeunes» de l’ère Jospin, ces nouveaux contrats seront destinés aux 16-25 ans sans diplôme ou peu qualifiés issus «des zones urbaines sensibles», ou de zones rurales où le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne. Le ministre du Travail promet «un accompagnement renforcé» et «une formation» en parallèle. Une dérogation est prévue pour l’Education nationale qui pourra embaucher 18 000 étudiants boursiers à bac+2 se destinant à l’enseignement. Il faudra essayer de s’y tenir. Mais au départ le dispositif Jospin avait posé les mêmes principes. On sait finalement que les associations recrutèrent beaucoup de bac +2, voir +3. Nous avons fermé les yeux à l’époque parce que finalement cela produisait de l’utilité sociale plus efficacement.

Pendant un à trois ans, ces contrats, CDD ou CDI, généralement à temps plein, seront concentrés «dans des activités d’avenir ou dont l’utilité sociale est avérée» : la filière verte, le secteur social, l’aide aux personnes, les filières numériques, le tourisme, etc. Seront éligibles les employeurs du secteur non-marchand et à la marge ceux du privé (avec une subvention moindre).

Ces emplois seront subventionnés à hauteur de 75% du Smic par l’Etat. Dans le budget 2013, 2,3 milliards d’euros seront inscrits pour la mesure, dont le coût est estimé à 1,5 milliard par an «en rythme de croisière».

C’est un effort considérable dans le contexte budgétaire actuel, un choix donc difficile qu’il va falloir défendre vis-à-vis des attaques de la droite (et du front de gauche). D’ailleurs c’est toujours la même perception d’une mesure. Certains y voient le verre à moitié vide, et  d'autres à moitié plein.   

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